Découvrez l’interview de Yoan Plu, sculpteur à Moutiers-les-Mauxfaits.
Interview réalisé par Fabienne Moisan, pour le magazine Envolées 2026 en Vendée Grand Littoral
Photographe : Edouard Nicoleau
Son geste artistique couvait depuis l’enfance, n’attendant que le déclic pour exprimer toute sa force. Expatrié aux Antilles, c’est à son retour en France et à l’heure du confinement que Yohan Plu franchit le pas et saisit le matériau qu’il connaît si bien, les tubes de cuivre du plombier, pour modeler des bustes d’abord, puis des corps, ode à la féminité et aux âmes sensibles. Il nous ouvre les portes de son atelier de Moutiers-les-Mauxfaits, encore incrédule du succès public de son travail d’orfèvre.
Arcachon, Megève, Biarritz ou Genève cette année, vos œuvres séduisent les galeries les plus exigeantes de l’art contemporain. Comment en êtes-vous arrivé là ?
Yohan Plu : Tout a démarré sur les réseaux sociaux, Instagram en particulier, très prisé des galeristes toujours en quête de nouveautés. Plombier de formation, j’ai eu cette inspiration de m’emparer des fameux tuyaux de cuivre en découvrant le travail du sculpteur de métal Philippe Buil sur le web.
Nous étions en plein confinement, un sas temporaire favorable aux explorations. Mon premier buste m’a transmis une telle bouffée de bonheur que je l’ai posté sur Instagram et une galeriste d’Aigues-Mortes me repère. Quand les salons d’art reprennent, j’obtiens le prix du public à Mélusin’Art de Vouvant en 2020.
Et, toujours par le biais des réseaux, les galeristes me contactent et m’accueillent avec enthousiasme, achetant même mes sculptures pour les présenter à leur client, un vrai privilège. J’ai noué des relations de confiance, avec la Galerie Saint-Martin par exemple, qui donne une visibilité exceptionnelle à mes œuvres auprès d’une clientèle férue d’art contemporain.

Vos sculptures sont identifiables au premier coup d’œil, parlez-nous de la technique que vous avez inventée ?
Yohan Plu : Je suis en effet le premier à exploiter des anneaux de cuivre ciselés un par un dans des effets de matière, comme un
bijoutier. Elles sont ensuite soudées entre elles et modelées, un savoir-faire unique que je perfectionne sans cesse.
J’ai aussi rapidement voulu apporter de la couleur sur chaque pièce, influence antillaise peut-être. Après le chromage, cette étape se tient chez Color Maker à Sainte-Pazanne. Des partenaires essentiels quand affluent les commandes !



Des bustes aux corps aériens, vos sujets évoluent, parfois vers d’autres univers
comme les cœurs vibrant de papillons. Quel est votre message ?
Yohan Plu : Le corps m’interpelle dans ce qu’il a de puissant et de fragile aussi. Le mien m’a obligé à renoncer à mon métier de plombier et me rappelle à l’ordre quand je travaille dix heures d’affilée.
La beauté du corps, ce sont aussi ses failles, qui rythment mes sculptures et apportent une note sensible. J’ai customisé des socles qui permettent de faire pivoter l’œuvre pour la regarder sous différents angles, sans risque de l’endommager.
Si son sens est subtil, la sculpture, elle, est très résistante et peut même être exposée à l’extérieur. Le sujet du cœur, c’est l’amour, romantique et universel.
On est étonné par la minutie de votre travail, une dimension contemplative ?
Yohan Plu : Absolument. Je ne compte pas mes heures passées à ciseler, redonner forme à la matière une fois chauffée, apporter des couleurs successives pour un rendu encore plus magnétique et des reflets changeants.
Je suis toujours autant transporté par ces créations et si heureux qu’elles trouvent leurs acheteurs. Depuis quelques mois, ma fille m’accompagne, je lui transmets ma passion !

Article créé le 17/09/2026





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