Découvrez l’interview de Céline et Jean-Denis Lachambre, chorégraphe et metteur en scène du spectacle Les Nuits de la Tour à Angles.
Interview réalisé par Fabienne Moisan, pour le magazine Envolées 2026 en Vendée Grand Littoral
Photographe : Edouard Nicoleau
Dans la famille Lachambre, je demande la sœur et le frère ! Deux complices pour la grande aventure née à Angles en 2019, Les Nuits de la Tour, un spectacle nocturne à couper le souffle, porté par des bénévoles enthousiastes, toutes générations confondues. Respectivement chorégraphe et metteur en scène, Céline et Jean-Denis consacrent toute leur énergie à faire révéler à cette troupe amateur le meilleur d’elle-même, un challenge sans cesse renouvelé pour le plus grand plaisir du public, qui plébiscite ce morceau d’histoire locale réenchantée. Entretien à bâtons rompus avec deux défenseurs de ce que la vie associative offre de plus réjouissant.

Deux Lachambre dans un même projet artistique, d’où vous vient cet engagement ?
Jean-Denis : Nos parents se sont installés à Angles au début des années 60, l’intérêt général chevillé au corps. Notre mère a été élue au conseil municipal et toute la famille s’est investie dans des activités associatives variées. Devenu homme de théâtre et éducateur spécialisé, j’ai rapidement donné des cours et quand en 2017, le maire d’Angles a sollicité ses habitants pour imaginer donner une nouvelle vie à la vénérable tour de Moricq, j’ai répondu présent, aux côtés de mon ami et co-scénariste Bernard Gaborieau.
Deux ans plus tard, la première édition des Nuits de la Tour rassemblait petits et grands, une narration originale qui voit passer les mille et une vies de cette tour érigée voilà plus de 800 ans, au pied de ce qui fut autrefois le port de Moricq, lieu de passage de gabares chargées de marchandise.
Céline : De mon côté, mon métier d’enseignante et ma pratique de la danse et du théâtre m’ont naturellement amenée vers la création chorégraphique, de nombreux tableaux présentant des rondes dansées et des combats. Notre père aux manettes des engins motorisés, notre mère à la couture, nos enfants et conjoints sur scène, c’est une joie de vivre en famille ce projet un peu fou, au sein d’une équipe absolument remarquable de presque 320 bénévoles pour cette édition 2026, une aventure collective rare et pleine d’énergie.
Les Nuits de la Tour vont prendre un rythme bisannuel, pourquoi ce choix ?
Céline : Ce spectacle est devenu au fil du temps un projet d’envergure, avec un nombre de participants allant crescendo, les nouveaux
arrivants à Angles voulant “en être” aussi ! Sur ce mode associatif et bénévole, il nous fallait trouver des soutiens pérennes, chose faite en 2025, quand nous avons marqué une pause pour mettre en place une nouvelle gouvernance et signer des conventions sur six ans avec la Ville d’Angles, la communauté de communes Vendée Grand Littoral et le département de Vendée. J’assure aujourd’hui la présidence de l’association Les Amis des Nuits de la Tour et nous prenons de nouveau notre bâton de pèlerin pour renouveler la confiance de la quarantaine d’entreprises mécènes, indispensables à la réussite du spectacle.
Jean-Denis : Mapping, pyrotechniciens pour le feu d’artifice final, sonorisation, les apports de professionnels sont minimes. Ce sont surtout les compétences bénévoles qui permettent de faire évoluer les tableaux à chaque édition. S’assurer des budgets adaptés est une nécessité vitale !

Les Nuits de la Tour font revivre les temps forts de l’histoire locale, du 15e siècle à la vie contemporaine. Quels sont vos tableaux favoris ?
Céline : La scène du mariage ! Un moment empli d’allégresse. Sa musique me galvanise et c’est un bonheur de chorégraphier ce moment pour les danseurs embarqués dans la ronde.
Jean-Denis : Je n’ai pas de tableau préféré, je les aime tous. Celui qui me fait monter l’adrénaline, c’est La Belle Époque, trois tableaux en un : les vieux métiers, le cirque et la fête au village. Avec près de 180 personnes en scène, pas de place à l’improvisation. Tout doit apparaître avec naturel et fluidité. La séquence sur les guerres de Vendée est aussi hautement intense, avec les chevaux et les canons, je vibre à l’unisson du public !



Où vous trouve-t-on pendant le spectacle ?
Céline : Nous sommes comédiens aux côtés de la troupe, bien dissimulés derrière nos rôles de gitans. Ces personnages sont le fil conducteur du spectacle, acteurs de scènes qui font le lien entre chaque tableau, qui racontent la vie d’une famille de paysans dans les années 50 et les liens d’amitié qu’ils vont nouer avec les gens du voyage venus s’installer sur leur champ. Un message sur le bien-vivre ensemble et le sens du partage, tant mis à mal de nos jours.
Jean-Denis : C’est un poste stratégique, qui nous permet d’avoir une vue panoramique de tout ce qui se passe et d’améliorer le spectacle à chaque représentation. Avec Les Nuits de la Tour, nous vivons une expérience hors du commun, tous ensemble, soudés pour faire briller les yeux du public. Je tiens à saluer particulièrement ceux qui œuvrent toute l’année dans l’ombre, à la menuiserie, à la régie, aux décors et accessoires, aux costumes, à la préparation et à l’organisation du lieu qui se métamorphose complètement, de terrain nu à théâtre en plein air, restauration comprise. Notre plus belle récompense, ce sont les bravos du public. La standing-ovation de la toute première représentation, je m’en souviendrai avec émotion toute ma vie !
Les Nuits de la Tour
Tour de Moricq 85750 Angles
lesnuitsdelatour.fr
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En 2026, le spectacle Les Nuits de la Tour était les 24, 25, 26, 28, 29, 31 juillet et 1er août. Prochaine édition en 2028.
Article créé le 09/10/2026





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